le Château de Perdiguier

Quel que soit le coté par lequel on aborde le château, on est frappé par le foisonnement des tours et des pavillons, la multiplicité des toits, fractionnés et pentus, comme notre région en offre peu d'exemples.

Au delà de leur aspect rustique, les bâtiments s'ordonnent, depuis la première moitié de XVIIème siècle, en quadrilatère autour d'une cour centrale. Ils sont réunis par des cordons d'étage profilés en tores épais qui leur confèrent vus de la cour un caractère homogène. La demeure s'appuie cependant sur un noyau plus ancien que l'on retrouve dans l'aile nord, entièrement talutée, mais aussi, sans doute, dans le système des six grosses tours rondes qui l'accompagne.

Les façades, crépies, laissent voir de nombreuses croisées à meneaux, irrégulièrement espacées. De façon inattendue, les combles sont éclairés par de petites fenêtres cintrées, portant fronton, aménagés en lucarnes, comme dans les combles à la française. Couronnant les trois niveaux d'élévation, les toits, très pentus, sont couverts de tuiles de couleurs à crochets, imitant l'ardoise.

L'aile méridionale, plus basse et étroite est faite d'une galerie à arcades.

En entrant dans la cour, un escalier extérieur plaqué à l'extrémité de l'aile orientale désigne le premier étage comme étage noble. Il avait son pendant dans l'aile en vis-à-vis qu'il rendait indépendante, ainsi qu'une porte murée l'indique. En haut de l'escalier, on pénètre dans la demeure par une porte agrémentée d'un édicule à volutes latérales et fronton.

L'accès aux autres étages se fait par une grande vis, montant de fond en comble, logée dans une grosse tour ronde, qui, au fond de la cour, relie le logis principal au vieux bâtiment nord.

L'essentiel des dispositions XVIIème se retrouvent surtout dans l'aile ouest, restée intacte. Et ceci est vrai également à l'intérieur, ou l'on découvre encore les calades des sols, les charpentes, les plafonds à la française dotés de leurs fleurons de métal, toutes les menuiseries avec leurs serrures. À l'extremité de l'aile, la tour sud-ouest abrite un plafond peint et un magnifique décor de paysage, de scènes champêtres, dans un décor architectural en trompe-l'oeil.


Un nouveau regard sur le Château de Perdiguier
Les recherches de Frédéric Mazeran, Architecte du Patrimoine de l'Hérault, ont permis au spécialiste des images 3D Joël Roure, de travailler sur une restitution du château tel qu'on pouvait encore le voir avant la révolution française.
Les dessins de Frédéric Mazeran montrent les douves, aujourd'hui comblées, et qui entouraient le château.
Ces travaux font apparaître les tours encore surmontées de leurs poivrières, et la galerie à arcades, qui constituait une coursive reliant les ailes du château.

Si l'on pouvait supposer la présence de cette galerie par les traces de constructions anciennes sur les murs des ailes est et ouest, et par le plan du cadastre napoléonien, Frédéric Mazeran en démontre l'existence grâce à un croquis du dessinateur et aquarelliste Jean-Marie Amelin, daté de 1833, retrouvé en mai 2015, et conservé à la Médiathèque Centrale d'Agglomération Émile Zola à Montpellier, parmi 2500 œuvres réalisées par l'artiste entre 1816 et 1851 dans l'Hérault.

Présentés lors d'une conférence, les travaux de Frédéric Mazeran et de Joël Roure apportent un regard nouveau sur l'architecture du château.


SCEA FERACCI - DOMAINE DE PERDIGUIER 34370 MARAUSSAN - Tél. 0467903744

Copyright©2019 ISAGRI (1.21). Français

Langues